Dépêches
RDC : La poudre de café devient une denrée rare dans le territoire de Beni
Le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est confronté à une rareté croissante de la poudre de café, un produit autrefois abondant dans l...
AkondaNews3 min de lecture
Partager :

Le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est confronté à une rareté croissante de la poudre de café, un produit autrefois abondant dans la région. Cette pénurie est le résultat d’un déclin marqué de la culture du café, au profit du cacao, qui connaît un essor fulgurant dans les zones de Beni, Mambasa et Irumu.
Un abandon progressif de la culture du café De nombreux champs de café dans les régions rurales sont abandonnés ou reconvertis en plantations de cacaoyers. Les agriculteurs délaissent la culture du café, jugée exigeante en main-d’œuvre et moins rentable, pour se concentrer sur le cacao, dont le rendement économique est plus attrayant. « Nous préférons cultiver le cacao parce qu’avec moins d’efforts, il est possible de générer 100 USD en une seule journée. En revanche, la culture du café demande beaucoup plus de travail », explique un agriculteur de la région à Akondanews.net. L’impact de l’insécurité sur les cultures L’insécurité permanente dans les zones rurales aggrave également la situation. Selon Maha Ousama, un habitant d’Oicha, les agriculteurs hésitent à se rendre dans leurs champs, par peur des attaques perpétrées par des groupes armés. « Nous vivons dans la peur constante. Aller cultiver du café revient à risquer sa vie. C’est une culture qui a commencé à disparaître dès l’époque de Mobutu », confie-t-il à Akondanews.net. Une rareté qui se ressent sur le marché Cette désaffection pour le café se traduit par une pénurie dans les boutiques et cafeterias de Beni, où le produit est devenu difficile à trouver. Les habitants déplorent également une hausse des prix, conséquence directe de la baisse de l’offre. « Le café est devenu rare dans la ville, et son prix a augmenté. Pourtant, pour nous, c’est une nécessité quotidienne », témoigne Mbusa Mbegeti, un habitant de Beni. Des mesures nécessaires pour relancer la filière café Pour Kambale Makasi, expert agronome du territoire de Beni, cette situation appelle à une intervention urgente des autorités. Il plaide pour une sensibilisation accrue des agriculteurs et des investissements ciblés dans la filière café par le gouvernement et les partenaires économiques. « Actuellement, les acheteurs de cacao recherchent activement les planteurs, mais il est presque impossible de trouver des acheteurs pour le café. Cela décourage encore plus les producteurs », souligne-t-il. Comparatif des prix Le marché illustre cette désaffection : • Cacao : 7,8 USD/kg (contre 7,2 USD/kg auparavant). • Café : 4 USD/kg, un prix stagnant malgré un traitement plus exigeant et chronophage. Face à cette réalité, la relance de la filière café dans le territoire de Beni reste un défi majeur, nécessitant des réformes structurelles pour équilibrer la rentabilité des deux cultures. Raphael Lumoo, correspondant à Kinshasa Akondanews.netTags :DépêchesFlash
Commentaires (0)
Articles liés

International
Guerre en Ukraine : Moscou menace de frapper des installations militaires britanniques

Afrique
RDC : Kinshasa suspend les activités académiques à Goma et Bukavu

Afrique
Maouloud 2026 : Yamoussa Coulibaly réaffirme son attachement à Kouto et à la cohésion sociale

Afrique